Cest un mois de mai que nous avons décidé
de nous lancer dans laventure dune troisième
adoption.
Nous avons alors pris des contacts
avec plusieurs associations ou oeuvres dadoption
parmi lesquelles «Emmanuel». Nous avions
vécu avec nos deux premiers enfants des expériences
positives de «réparations» de malformations
physiques et étions prêts à refaire
un tel parcours.
Après diverses discussions
avec des amis, il nous est apparu que ladoption
en Thaïlande était bien réglée
et nous avons commencé à préparer
un dossier en conséquence.
Lorsque tout fut prêt, avant
denvoyer le dossier en Thaïlande, nous
avons appelé Charly et Mireille qui venaient
de connaître une petite fille souffrant dun
bec-de-lièvre important qui pouvait parfaitement
nous être proposée à ladoption,
ce dautant plus quayant été
présentée à une autre famille
la veille, il savérait quelle était
trop petite par rapport à leur attente.
Il est des voies décidément
impénétrables ...
Nous sommes alors allés discuter
avec Charly et Mireille au chalet «Anawim»,
et ils nous ont expliqué la situation de la
petite fille, son histoire et nous ont montré
la première photo. Ils nous avaient prévenus
de la sévérité de laffection,
et nous étions un peu inquiets en ouvrant lenveloppe
contenant cette première image de notre enfant
Dès que lenveloppe fut
ouverte, les inquiétudes se sont vite envolées
et, malgré le visage marqué de la fillette,
le sentiment de lappartenance familiale et de
la filiation se constituant prit immédiatement
le dessus.
Les quelques mois qui suivirent cette
visite à Choëx furent consacrés
à la modification du dossier pour nous rendre
en Moldavie en lieu et place de la Thaïlande.
En mars, après quelques mois
qui nous ont semblé très longs, nous
pouvions enfin partir à la rencontre de notre
fille et de son pays dorigine. Ce fut une réelle
aventure, passant par la découverte détranges
avions où il peut faire très froid (-15°
C), puis en arrivant à Chisinau où les
paysages en cette fin dhiver rehaussaient la
tristesse des bâtiments massifs et gris.
Arrivés en fin daprès-midi,
notre impatience à aller voir notre enfant
a pu grandir jusquau matin suivant lorsquenfin
nous nous sommes rendus à lorphelinat.
Dans le bureau de la directrice,
nous avons pu prendre la petite dans nos bras et lembrasser,
cette rencontre initiale reste toujours un moment
gravé dans nos coeurs.
Durant une semaine, nous sommes allés
quotidiennement passer un moment avec le groupe denfants
dans lequel notre fille se trouvait. Nous avons pu
constater la discipline qui régnait. Mais elle
a très vite compris que, lorsque nous étions
là, elle pouvait sy soustraire.
Nos sentiments étaient mitigés
à ce moment car nous savions que nous allions
devoir la laisser là en attendant que les délais
de recours contre les décisions administratives
soient passés.
Le mois que nous avons dû attendre
avant de retourner en Moldavie nous a paru interminable.
Il nous a toutefois permis de partager nos émotions
avec nos autres enfants qui se réjouissaient
beaucoup de larrivée de cette petite
soeur.
Vers la fin avril, nous avons enfin
pu repartir et cette fois avec lassurance de
revenir avec notre fille. A notre retour, les enfants
et les grands-parents laccueillirent dans la
joie, notre fils prenant ses deux petites mains dans
les siennes lui disant : «On ta adoptée
maintenant ...». Après un mois de vie
en famille où tout sest mis très
vite en place autour de cette nouvelle arrivée,
il était déjà temps de partir
dans laventure des rencontres hospitalières
qui ont transformé le petit minois de notre
fille.
Début août, au sortir
de la deuxième et dernière intervention
chirurgicale, par un dimanche ensoleillé, nous
avons baptisé notre fille quelques jours après
la fête de la transfiguration, tout un symbole...
... Six jours après, Jésus
prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, son frère,
et les emmène à lécart
sur une haute montagne. Il fut transfiguré
devant eux : son visage resplendit comme le soleil,
ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.
Et voici que leur apparurent Moïse et Elie qui
sentretenaient avec lui. Intervenant, Pierre
dit à Jésus : «Seigneur, il est
bon que nous soyons ici; si tu le veux, je vais dresser
ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse,
une pour Elie.» Comme il parlait encore, voici
quune nuée lumineuse les recouvrit. Et
voici que de la nuée, une voix disait : «Celui-ci
est mon fils bien aimé, celui quil ma
plu de choisir. Ecoutez-le !» (Matthieu 17 : 1-5)
Par rapport à son handicap,
nous savons que, comme le dit la Parole de Dieu, lhomme
regarde à ce qui frappe les yeux (et il est
vrai que sa différence frappe les yeux), mais
nous souhaitons quelle découvre pour
elle-même, comme nous lavons découvert
pour nous, que lEternel regarde au cur
(I Samuel 16:7).
Après maintenant un peu plus
dune année, notre petite fille est un
rayon supplémentaire au soleil familial où
elle brille chaque jour en compagnie de ses frères
et surs.
par J.-P. et P.
|